Tu sais qu'il y a un bateau qui mène au pays des rêves là-bas où il fait chaud, où le ciel n'a pas son pareil. Tu sais qu'au bout cette terre les gens sèment des milliers d'graines de joie où pousse ici la haine. On m'avait dit p'tit gars là-bas on t'enlève tes chaînes, on te donne une vie sans t'jeter dans l'arène, comme ici tout petit après neuf mois à peine on te plonge dans une vie où tu perds vite haleine. Alors sans hésiter j'ai sauté dans la mer pour rejoindre ce vaisseau et voir enfin cette terre. Là-bas trop de lumière, j'ai dû fermer les yeux mais rien que les odeurs remplissaient tous mes v½ux. Alors une petite fille aussi belle que nature me pris par la main et m'dis suit cette aventure. On disait même que la mer l'enviait, que la montagne se courbait pour la laisser passer. Elle m'emmena au loin avec une douceur sans fin et ses bouclettes dorées dégageaient ce parfum qui depuis des années guidait ton chemin. Pour arriver enfin à ces rêves d'enfants qui n'ont pas de limites comme on a maintenant, j'ai vu des dauphins nager dans un ciel de coton où des fleurs volaient caressant l'horizon, j'ai vu des arbres pousser remplaçant les gratte-ciel, j'ai vu au fond de l'eau une nuée d'hirondelles.